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2010-08-01 |
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Crédit documentaire |
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Un mode de paiement sûr mais cher |
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La loi de finances complémentaire (LFC) 2010 entend faire du crédit documentaire (Credoc) le seul mode de paiement des importations algériennes, une application qui est restée plus ou moins problématique en ce qui concerne les banques commerciales, indique le Docteur Abderrahmane Mebtoul, expert international. Bien avant la LFC 2009, les importateurs algériens utilisaient beaucoup plus la remise documentaire (Remdoc) dans leurs opérations commerciales que le Credoc, a-t-il fait savoir. Toutefois, les opérateurs, publics ou privés, soient-ils, se penchent sur une même question, d'une brûlante actualité, à savoir "le passage en Algérie de la Remdoc au Credoc sera-t-il efficace sans la réforme du système financier et l'approfondissement de la réforme globale ?", s'est-il interrogé. Cependant, M. Mebtoul a expliqué que l'avantage du Credoc est que le vendeur est payé sans avoir à attendre que les marchandises soient arrivées à destination. D'un autre côté, l'acheteur est assuré que les marchandises qu'il paie ont été bien expédiées par le vendeur. Quant aux avantages de la Remdoc, pour l'exportateur c'est la bonne foi et la confiance des banques qui agissent dans l'opération et la réduction sensible des frais d'importation. En dépit de ses avantages, les risques de la Remdoc, pour lequel les banques n'assument aucun engagement ni responsabilité, restent plus ou moins significatifs vu leur importance, a-t-il déploré. En l'occurrence le retard dans la livraison, le non-respect des qualité et quantité, le risque de non-paiement, de contestation de la valeur des documents et de l'interruption des activités en cas de force majeure. En outre, le Credoc est tout engagement pris par une banque pour le compte d'un tiers ou pour son propre compte de payer à un bénéficiaire un montant déterminé sur présentation des documents conformes aux termes et conditions fixés dans le contrat. Par ailleurs, il existe plusieurs types de Credoc. En premier lieu, le crédit révocable, qui est très peu utilisé, où il y a absence de lien juridique entre la banque émettrice et le bénéficiaire du crédit. En deuxième lieu, le crédit irrévocable qui se présente sous deux formes, à savoir l'irrévocable notifié qui est non confirmé par la banque notificatrice et l'autre qui est confirmé par la banque notificatrice ou par une autre banque. Pour ce qui est des modes de réalisation des transactions, il a été indiqué qu'il y en avait quatre. En l'occurrence, le Credoc par paiement à vue, paiement à terme, paiement différé et paiement par négociation. D'autre part, il y a lieu de souligner que dans le cas de la Remdoc à l'import, l'importateur est client de la banque et doit régler la facture de l'exportateur qui est à l'étranger. Tandis qu'à l'export, la banque est chargée d'obtenir le paiement de la facture de l'exportateur. Bien que la Remdoc soit moins lourde à mettre en place que le Credoc, les garanties offertes par ce moyen de paiement sont loin d'être parfaites. Ainsi, le Credoc est un moyen de paiement à l'international entre deux partenaires commerciaux, certes le moyen le plus cher par rapport à la Remdoc mais le plus sûr. Ce qui explique surtout pour les PMI/PME que généralement les clients ne préfèrent pas régler en Credoc cela revenant cher.
Un autre mode de gestion pour les Banques algériennes La gestion du crédit documentaire Credoc suppose de suivre de manière régulière et transparente différentes étapes, a précisé Mebtoul. Selon la Banque d'Algérie, il a été relevé une nette concentration au profit des banques publiques du fait que sur un nombre de guichets 1.301, en 2008, le secteur privé totalise seulement 244 guichets, ayant donc globalement un guichet pour 26.400 habitants. Cette concentration est d'autant plus nette au profit des banques publiques qui, rappelons-le, ont été assainies ces dernières années pour plus de 5 milliards de dollars. Il est utile aussi de signaler que le gouvernement a rétabli l'ancien article 104 de la loi sur la monnaie et le crédit autorisant les banques à entrer dans le capital de leurs filiales, mesure qui avait été interdite depuis le scandale Khalifa. Donc l'Etat, au sein des banques publiques, reste prédominant étant à la fois actionnaire, administrateur, dirigeant, emprunteur, déposant et régulateur et ce, bien avant la crise mondiale d'octobre 2008. Ce qui explique que depuis plus de deux décennies les gouvernements successifs parlent de la réforme bancaire sans que cette dernière n'ait lieu en profondeur car touchant des intérêts, les banques publiques étant le lieu de distribution de la rente des hydrocarbures, a-t-il relevé. Par ailleurs, il a été indiqué, selon les derniers rapports internationaux, que l'efficacité actuelle du système bancaire algérien est mitigée, le changement de cadres juridiques semblant constituer un des facteurs à l'entrave des affaires. En effet, selon le nouveau rapport Doing Business 2010 de la BM en matière de climat des affaires concernant les réformes menées en 2008/2009, l'Algérie est classée à la 112e place en matière de facilitation du commerce extérieur sur une liste comportant 121 pays avec une très mauvaise note pour le marché financier national qui se voit attribuer un score de 2,8 sur 7, avec la 132e position pour ce qui est de l'efficience et de la sophistication du système financier algérien. De ce fait, la situation du système financier algérien ne peut être isolée du blocage de la réforme globale . Cela dit, le Credoc peut être d'une faiblesse opérationnelle face au fonctionnement du système bancaire algérien. Aussi, les banques sont souvent soumises à des interférences politiques et sont actuellement avec leurs lourdeurs bureaucratiques des guichets administratifs qui favorisent l'import au lieu d'être un partenaire actif pour l'investissement productif. D'ailleurs, le ministre des Finances, M. Karim Djoudi, a confirmé que si l'Algérie a été épargnée partiellement par la crise mondiale, elle le doit au fait que le système financier algérien soit déconnecté des réseaux internationaux. Or, l'efficacité du Credoc s'inscrit dans le cadre justement d'une connexion au réseau mondial de la finance. Comme l'exigence du Credoc sans transition et sans préparation des banques risque d'étouffer les PMI/PME. Dans un autre sillage, le directeur général de la SNTF, relayé par le P-DG d'Air Algérie et le directeur de la recherche scientifique au ministère de l'Enseignement supérieur, a évoqué le sujet des difficultés auxquelles sont soumis les secteurs en question. Interpellé sur le sujet, M. Djoudi n'a pas exclu d'apporter quelques réajustements dans le cadre de la loi de finances complémentaire 2010. Pour conclure, l'économiste algérien a relevé que cela renvoyait à l'urgence d'une gouvernance rénovée s'adaptant tant aux mutations sociales internes qu'aux mutations mondiales afin de lutter efficacement contre la corruption, l'insécurité juridique qui sont des phénomènes qui entravent l'émergence d'un climat des affaires transparent en Algérie, dont la valorisation du savoir, un système bancaire performant et la réhabilitation de l'entreprise créatrice de richesses, constituent l'épine dorsale des réformes et d'un développement durable hors hydrocarbures.
Fadhila B. |
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L'EDITION EN PDF |
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EDITO |
Il y a toujours la question du comment
l'obligation de retourner devant les institutions financières internationales pour un autre programme d'ajustement structurel, qu'on appellerait des réformes économiques, ne devrait pas être considéré comme une impossibilité, si venait à se produire le cas le plus défavorable qui est la conjonction entre la durée de la faiblesse des cours du pétrole et de la récession économique dans le monde avec pour conséquence, plus particulièrement pour notre pays, un faible flux des IDE. il y aura certainement l'expression par tous d'une volonté de construire, de développer, de créer des emplois, d'améliorer le pouvoir d'achat des ménages, de densifier le tissu industriel par la promotion des PMI/PME. Mais, la question du comment sera de celle qui sera évitée car pratiquement tout aura été essayé dans le cadre du système actuel. Sur quel socle le Président veut-il fonder sa vision du futur algérien ? En se référant aux mots clés contenus dans tous ses discours, il y a bien un futur pour la politique économique, un futur particulièrement de la croissance et donc de la relance. Il y a également un futur pour la réconciliation entre les institutions et les populations et un futur pour la réconciliation entre les entreprises et les travailleurs. Il y a comme cible le programme présidentiel Mais, n'eut été la manne créée par les envolées du prix du baril de pétrole, ce qui avait permis de rembourser par anticipation une grande partie de la dette extérieure et une augmentation appréciable des réserves en devises, le choc aurait ressemblé à celui enregistré en 1986, avec l'impossibilité d'assurer en même temps le remboursement à échéance des dettes que l'Etat a contractées et de continuer à importer même seulement les produits de consommation, sans parler des dépenses d'équipement. C'est devenu une tradition qu'en dehors des recettes pétrolières, les accords de libre échange ou plutôt les échanges commerciaux se traduisent plus particulièrement pour nous par la sortie des capitaux et par l'entrée des marchandises. Si on tient encore compte des sorties frauduleuses des capitaux, à l'image des fuites de devises enregistrées par la douane espagnole, on dira que la boucle est bouclée. Où en sommes-nous alors de la poursuite judiciaire contre ceux qui ont ainsi violé la loi et les règlements ? Le président de la République a toujours insisté sur l'importance que doit prendre la production par rapport aux importations. Sinon non, jusqu'à quand allons nous nous défendre en tenant compte quand même d'une ressource dont personne ne maîtrise le cours. Quelle réponse aurait à lui donner le gouvernement alors qu'il faudrait même anticiper sur une éventuelle catastrophe qui verrait les cours des hydrocarbures descendre dangereusement? Pourquoi notre économie continue-t elle à dépendre d'une variable pas du tout maîtrisable? Le fait donc que la décision de réduire les importations se soit traduite par l'interdiction des crédits, à la consommation, les populations en premier chef donnent plusieurs lectures à celle-ci et pas toujours favorables au gouvernement, car elles ne perçoivent " la chose " qu'en fonction de leur marge de manœuvre financière. N.B.
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