Samedi 18-11-2017
Rechercher un article
   
   
 
Qui sommes-nous? Abonnement Archives Publicité Contactez-nous
 
Sport  
 
 
 
Coupe du monde 2018 : Italie, les raisons d'un fiasco
 
 
Mise à jour : 15-11-2017
 
Éliminée en barrage contre la Suède avant-hier, la Nazionale n'est plus que l'ombre du quart-de-finaliste combatif du dernier Euro.
Le président de la Fédération italienne avait affirmé qu'une élimination en barrage équivaudrait à " une catastrophe ". Elle a eu lieu. Pour la première fois depuis 1958, les Italiens ne pourront plus vibrer derrière leur sélection lors d'une Coupe du monde. L'Italie, qui n'avait plus connu de barrages depuis 1997 (contre la Russie 1-1, 1-0), a été éliminée à ce stade de la compétition contre la Suède.
Vendredi, à Stockholm (défaite 1-0), les Italiens avaient été bousculés par l'impact physique de leurs adversaires, agacés par l'arbitrage (nez cassé de Bonucci par un coup de coude non sanctionné, carton jaune contre Verratti) et surtout incapables de se montrer dangereux offensivement. Ce lundi soir, à Milan, dans un stade de San Siro surchauffé, l'Italie a fait preuve d'orgueil, a dominé, tiré 25 fois au but (dont seulement 6 tirs cadrés), mais a manqué cruellement d'idées et de réalisme face au gardien suédois, Robin Olsen, décidément irrésistible (0-0). La note aurait même pu être plus salée si l'arbitre de la rencontre avait sifflé les mains dans la surface de réparation de Darmian (13e) puis de Barzagli (28e).
Au-delà de l'affect des fans italiens, il y a la réalité cruelle d'une équipe qui peine à offrir un jeu alléchant. Le sélectionneur Giampiero Ventura (69 ans), qui devrait rapidement perdre son poste, s'est entêté dans un rigorisme tactique où les attaquants ont tant de mal à s'exprimer. Mais, pour y parvenir, autant faut-il qu'ils soient sur le terrain, ce qui est rarement le cas de Lorenzo Insigne (26 ans, Naples), l'attaquant le plus brillant du pays. Au match aller, il n'a fait son apparition sur le terrain que durant le dernier quart d'heure comme milieu relayeur. Pire, il n'est même pas entré sur la pelouse de San Siro pour le retour !
Sans Insigne et Balotelli (non sélectionné) et avec un El Shaarawy au faible temps de jeu, l'attaque transalpine est bien pâle : les Italiens n'ont plus remporté de match par deux buts d'écart depuis juin dernier et une victoire face au très faible Liechtenstein (5-0). Mais les manques criants de la sélection sont apparus aux fans et à la presse transalpine en septembre dernier après la claque reçue à Santiago Bernabeu, l'antre du Real Madrid, face à l'Espagne (3-0).
Ce soir-là, tous les tifosi rêvaient de revoir le même scénario que durant l'Euro en France, où l'Italie d'Antonio Conte avait éliminé une Espagne vieillissante (2-0). Mais la soirée madrilène de septembre a davantage ressemblé à la finale de l'Euro 2012, quand la Roja avait surclassé la Nazionale (4-0). L'absence de Giorgio Chiellini pour blessure avait poussé Giampiero Ventura - le successeur d'Antonio Conte - à évoluer en 4-2-4. Sauf qu'au milieu du terrain l'Italie a pris l'eau, dépassée par la vitesse d'exécution des Espagnols portés par Isco (auteur d'un double). Avec un tel manque de fond de jeu, de caractère, d'identité et de réalisme, la Nazionale semblait découvrir ses failles. Si Conte est parvenu à sublimer ses joueurs, Ventura, lui, n'a jamais réussi à hisser l'équipe au même niveau.
 
Verratti, symbole de la déroute
Au cœur de la déroute espagnole, un homme a notamment concentré les critiques : Marco Verratti (25 ans), auteur de nombreuses pertes de balle pendant la rencontre et clairement fautif sur un but espagnol. Le milieu de terrain, adulé au Parc des princes sous la liquette parisienne, ne dégage pas la même aura en sélection. Ses mésaventures avec l'équipe nationale ne risquent pas de s'arrêter. Aujourd'hui, il est désigné par la presse et les spectateurs comme l'un des responsables de ce fiasco suédois après une prestation en demi-teinte lors du match aller avec un carton jaune qui l'a privé du retour. Critiqué par la presse italienne, il l'est aussi par des stars du football italien : Andrea Pirlo a ainsi affirmé qu'il " s'était perdu sur le terrain ". Cruel, ce dernier vient de prendre sa retraite et sa déclaration sonne comme un cri d'alarme sur la faiblesse de Verratti, censé être son héritier.
 
Buffon, les larmes du guide
Si Marco Verratti, par son âge, peut encore croire à la rédemption sous le maillot national, ce n'est plus le cas de la génération 2006, celle qui a emmené l'Italie au titre mondial face à la France. Son plus beau symbole est Gianluigi Buffon qui a disputé ce lundi son 175e et dernier match avec la sélection, lui qui aurait pu devenir le premier joueur à disputer six phases finales de Coupe du monde.
Il y a eu lundi soir un condensé de ce que le portier a apporté pendant toute sa carrière internationale : de l'élégance (il a applaudi l'hymne suédois quand celui-ci était sifflé par une partie du public), de l'abnégation pendant toute la rencontre et un respect total pour les tifosi, s'excusant auprès d'eux à la fin de la rencontre. Ironie de l'histoire, il avait débuté avec le maillot de l'Italie lors d'un match de barrage, il y a 20 ans... L'issue avait été différente.
 
Une équipe à reconstruire...
Mais, au-delà de leur gardien de but, les Italiens seront forcés de tourner la page d'un effectif vieillissant. Les deux autres rescapés du sacre de 2006 face à la France, le milieu Daniele De Rossi (34 ans) - qui a refusé d'entrer en jeu lundi pour favoriser une solution offensive - et le défenseur Andrea Barzagli (36 ans), devraient mettre un terme à leur carrière internationale.
Par ailleurs, Giorgio Chiellini (33 ans), Marco Parolo (32 ans), Éder (30 ans), Claudio Marchisio (31 ans) ou encore Antonio Candreva (30 ans) vont sans doute s'interroger sur la suite de leur carrière internationale. La Nazionale devra se reconstruire avec dans les cages un autre Gianluigi, le prometteur Donnarumma (18 ans, AC Milan), ou encore Lorenzo Pellegrini (21 ans, AS Rome) et Roberto Gagliardini (23 ans, Inter Milan) au milieu du terrain.
En plus de l'équipe nationale, ces jeunes joueurs doivent s'attacher à la lourde tâche d'élever le niveau d'un championnat, le Calcio, qui semble à la peine depuis plusieurs saisons. En cause : la crise financière qui a secoué les clubs, dont l'illustration la plus criante est la faillite du club de Parme il y a deux ans. Le Calcio reste le championnat le plus endetté d'Europe avec 290 millions d'euros de dette l'an dernier !
Sur le terrain, la domination sportive hégémonique de la Juventus Turin, finaliste de la dernière Ligue des champions, ne permet pas encore l'émergence d'une réelle concurrence. Pire, avec un contingent important de joueurs étrangers et un jeu trop souvent stéréotypé, difficile de faire émerger une réelle identité de jeu transposable à la sélection. 
Dans ce ciel assombri, une (légère) éclaircie est perceptible depuis cet été. 
Les vingt clubs du Calcio ont en effet dépensé 898 millions d'euros durant le dernier mercato, à l'image des deux clubs de Milan (l'Inter avec 86,6 millions d'euros dépensés et l'AC Milan avec 194,5 millions d'euros). Le jeu développé par Maurizio Sarri, ambitieux et enthousiasmant, apparaît comme un motif d'espoir. Mieux, tous espèrent en Italie que le fait de disposer dès l'an prochain de quatre représentants en phase de poules de Ligue des champions puisse contribuer à créer un nouveau cercle vertueux.
Le chemin semble long. Surtout pour la nouvelle génération qui aura un défi de taille : faire oublier l'affront de la non-qualification à la Coupe du monde 2018.
 
Imprimer Envoyer cet article
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
   
    Les rubriques
  Nation
  Regions
  Energie
  Reportage
  Culturelle
  Finance
  Focus
  Emploi
  Agriculture
  Multimedia
  Post Scriptum
  Conjoncture
  Zoom
  Internationnal
  Tendances et marches
  Maghreb
  Sport
  Afrique
   Débats
  Idees
  Analyses
  Contribution
  Documents
  
 
 
 
 
 
 
votant(s)| Oui: , Non:
 
 Oui Non
 
ENERGIE
Brent Londres 49,020   $/baril
WTI New York 42,250   $/baril
 
Devise Achat Vente
Dollar 113.4969 113.5119
Euro 132.7914 132.8657
Livre 150.6463 150.6862
Yen (100) 100.3332 100.3908
SAR 30.2626 30.2690
KWD 375.3204 375.7428
AED 30.8953 30.9078
 
 
 
SARL MPE
Maison de la presse Safir Abdelkader
Kouba, Alger Algérie
Administration :TEL+213 023 70 94 94
Rédaction        :TEL+213 023 70 94 61
                         TEL+213
                   
  Qui sommes-nous? Abonnement Archives Publicité Contactez nous