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L'Algérie face aux enjeux géostratégiques, 2020/2030 en Afrique : conflictualités, sécurité collective et problématique du développement
 
 
Mise à jour : 27-07-2020
 
PAR : Dr Abderrahmane Mebtoul
 
Les défis collectifs nouveaux, sont une autre source de menace : ils concernent les ressources hydriques, la pauvreté, les épidémies, l'environnement. Ils sont d'ordre local, régional et global.  Interpellée et sollicitée, l'Afrique s'interroge légitimement sur le rôle, la place ou l'intérêt que telle option ou tel cadre lui réserve ou lui offre, qu'il s'agisse du dialogue et de la coopération entre les grandes puissances notamment ,  Chine Afrique, USA/Afrique, Russie/Afrique , du partenariat euro- méditerranéen, sans compter bon nombre d'autres pays , dans sa dimension tant économique, sociale, culturelle  que sécuritaire
L'Afrique couvre 30,353 millions de km2. La population est passée de 966 millions d'habitants en 2009 à 1 075 millions, ) 1,26 milliard d'habitants s en 2019, mais sept pays regroupent 51% de la population. En 2020, la population africaine devrait passer à 1,3 milliard et à 2 milliards en 2040. Il existe non pas une Afrique mais des Afriques. Certains pays notamment le Nigeria, le Gabon, le Tchad, la République démocratique du Congo, l'Algérie, la Libye sont spécialisés dans le pétrole, le gaz et les matières premières, qui connaissent une forte demande et un prix élevé sur le marché mondial leur permettant une relative aisance financière mais artificielle en fonction des cours mondiaux et donc de la croissance de l'économie mondiale notamment des pays développés et émergents. A l'inverse, des pays comme le Bénin, le Malawi, l'Ile Maurice, le Swaziland, l'Ethiopie, le Togo, le Mali, qui sont pénalisés dans des produits qui connaissent souvent une détérioration en termes d'échange, la misère, la famine et souvent des conflits internes et externes où le budget des dépenses militaires en Afrique dépassent l'entendement humain au détriment de l'allocation des ressources à des fins de développement. Les pays constituant l'Afrique par zones sont: a-Afrique du Nord - Algérie - Égypte - Libye - Maroc - Tunisie. b Afrique occidentale - Bénin - Burkina Faso - Côte d'Ivoire - Ghana - Guinée Bissau - Libéria - Mali - Mauritanie - Nigeria - Sénégal - Togo. c - Afrique centrale - Burundi - Cameroun - République centrafricaine - République démocratique du Congo - Guinée équatoriale - Rwanda - Tchad. d - Afrique orientale - Djibouti - Erythrée - Ethiopie - Kenya - Ouganda - Soudan - Tanzanie. e - Afrique australe et océan indien - Afrique du Sud - Madagascar - Malawi - Maurice - Zambie. - Zimbabwe. La  population africaine qui représentera le quart de la population mondiale horizon 2040 ,  en 2019 dépasse les 1,26 milliard  répartie ainsi  -Nigeria - 200,963,599,, Éthiopie - 112,078,730, Égypte - 100,070,562, République démocratique du Congo - 86,026,000, Afrique du Sud - 58,775,022, Tanzanie - 51,046,000, Kenya - 47,564,296, Algérie - 43,000,000, Soudan - 42,268,269, Maroc - 35,795,289, Ouganda - 34,634,650, Mozambique - 28,013,000, Ghana - 27,043,093, Angola - 24,383,301, Côte d'Ivoire - 22,671,331, Madagascar - 22,434,363, Cameroun - 21,917,602, Niger - 17,138,707, Burkina Faso - 18,450,494, Mali - 14,528,662, Malawi - 16,832,900, Zambie - 15,473,905, Somalie - 12,316,895, Sénégal - 14,354,690, Tchad - 11,039,873, Zimbabwe - 13,061,239, Rwanda - 10,515,973, Tunisie - 10,982,754, Guinée - 10,628,972, Bénin - 10,008,749, Burundi - 9,823,828, Soudan du Sud - 8,260,490, Togo - 6,191,155, Érythrée - 6,536,000, Sierra Leone - 6,348,350, Libye - 5,298,152, République du Congo - 3,697,490, République centrafricaine - 3,859,139, Liberia - 3,476,608, Mauritanie - 3,718,678, Namibie - 2,280,700, Botswana - 2,024,904, Lesotho - 1,894,194, Gambie - 1,882,450, Gabon - 1,802,278, Guinée-Bissau - 1,530,673, Maurice - 1,261,208 - 1,222,442,  Eswatini - 1,119,375, Djibouti - 864,618, La Réunion (France) - 840,974, Comores - 806,2Cap-Vert - 491,875, Sahara occidental - 510,713, Mayotte (France) - 212,600, Sao Tomé-et-Principe - 201,784, Seychelles - 90,945, Sainte-Hélène, Ascension et Tristan da Cunha (Royaume-Uni) - 5,633 habitants. Pour le PIB , des 20 pays les plus riches du continent le  classement de la Banque mondiale pour  2019 est le suivant :  1. Nigeria : PIB (447,01 milliards $); 2. Afrique du Sud : PIB ( 385,53 milliards $);  3. Egypte : PIB (298,15 milliards $); 4. Algérie : PIB (200,17 milliards $); 5. Maroc : PIB (122,46 milliards $); 6. Angola : PIB (110,19 milliards $); 7. Kenya : PIB (98,26 milliards $); 8. Ethiopie : PIB (88,17 milliards $); 9. Tanzanie : PIB (60,30 milliards $); 10. Ghana : PIB (57,23 milliards $); 11. Lybie : PIB (51,33 milliards $); 12. Côte d'Ivoire : PIB (49,40 milliards $); 13. RDC : PIB (46,12 milliards $); 14. Tunisie : PIB (42,28 milliards $); 15. Cameroun : PIB (40,13 milliards $); 16. Ouganda : PIB (29,87 milliards $); 17. Zambie : PIB (26,12 milliards $); 18. Zimbabwe : PIB (21,63 milliards $); 19. Sénégal : PIB (26, milliards $); 20. Botswana : PIB (19,78 milliard.
 Selon l'institut stratégique l'IRES de Paris, l'Afrique représente seulement 1,5% du PIB mondial, 2% du commerce mondial et 2% à 3% des investissements directs étrangers et selon un rapport de la Banque africaine de développement, le commerce interafricain n'est que de 15% sur tout le continent, les échanges intermaghrébins représentant environ  3%. Selon un rapport de  la Cnuced publié en 2019, a part du commerce interafricain est encore faible, 15,4% du total des échanges de marchandises de l'Afrique (exportations plus exportations) en 2016, soit $129 milliards, surtout au regard des grandes zones économiques mondiales comme l'Union européenne (61,7%) ou celle de l'Accord de libre échange nord-américain (Nafta, 40,3%). Il est toutefois supérieur au commerce intra régional du Marché commun du Sud (Mercosur, 14,5%) mais surtout il a fortement progressé entre 2000 et 2016  avec un taux de croissance moyen de 12,5% par an. Seul le commerce avec l'Asie fait mieux avec un taux de croissance moyen de 15,2% par an. L'Asie, deuxième partenaire commercial de l'Afrique (35,8%) est suivie par l'Europe (37%) mais dont la part s'érode au fil des années, le taux de croissance étant de 8%.. Les raisons sont multiples : manque de capitaux, d'infrastructures et mauvaise gouvernance. Sans compter les taxes douanières qui coûtent très cher. Tous ces problèmes de logistiques associés "au manque de compétence des ressources humaines constituent un sérieux frein à la fluidité des échanges alors qu'une entreprise a besoin d'une main-d'œuvre qualifiée .  Certes, des organisations telles que la Communauté économique des Etats de l'Afrique de l'Ouest (Cédéao) ou la Communauté économique des Etats d'Afrique centrale (Ceeac) existent. Mais plusieurs dissensions entravent leur bon fonctionnement. Se pose essentiellement le problème de la sécurité et de la stabilité des Etats qui doivent se fonder sur des valeurs démocratiques. Et là se pose la problématique des tensions au Sahel. Nous avons assisté dans la région à de profondes mutations de la géopolitique saharienne après l'effondrement du régime libyen, avec des conséquences pour la région. Il existe par ailleurs la barrière de la langue et de la culture entre les pays de la zone francophone et anglophone qui ne facilite pas le développement de l'intégration régionale.   Et surtout l'importance du poids de l'informel en Afrique, variant selon les pays, mais dépassant d'une manière générale 60/70% de la superficie économique pour certains pays employant plus de 70% de la main-d'œuvre. Selon le Bureau international du travail (BIT), ce secteur fournit ainsi 72% des emplois en Afrique subsaharienne, dont 93% des nouveaux emplois créés, en comparaison du secteur formel qui n'emploie que près de 10% des actifs sur le continent. Au Maghreb (voir notre étude réalisée sous ma direction pour l'Institut français des relations internationales, Paris -IFI décembre 2013), elle dépasse les 50% de la superficie économique. Cependant, l'Afrique a amélioré sa gouvernance  et  a été ces dernières années parmi les régions du monde qui connaissent la croissance la plus rapide au monde. Mais avec les frontières désormais fermées pour empêcher la propagation de la maladie et des compagnies aériennes entières clouées au sol, le secteur a été presque entièrement fermé. Les gouvernements africains pourraient perdre jusqu'à 20 à 30 % de leurs recettes fiscales, estimées à 500 milliards de dollars en 2019, selon l'analyse un rapport de l'Union africaine .Les exportations et les importations devraient quant à elles chuter d'au moins 35 % par rapport aux niveaux de 2019, ce qui entraînerait une perte de valeur des échanges d'environ 270 milliards de dollars. La propagation du virus entraînera une augmentation des dépenses publiques d'au moins 130 milliards. Les producteurs de pétrole comme l'Angola, le Nigeria, l'Algérie africains, , seront parmi les plus touchés  et  devraient voir leurs déficits budgétaires doubler en 2020  avec une contraction du PIB supérieur à  3 %. Pour  le secteur du tourisme et des voyages en Afrique pourrait perdre au moins 50 milliards de dollars en raison de la pandémie de la Covid-19 et au moins 2 millions d'emplois directs et indirects, toujours selon l'étude de l'UA et  20 millions d'emplois sont menacés en Afrique en raison de l'impact de la pandémie de coronavirus.  Rappelons que pour le développement de l'Afrique  le 23 octobre 2001, au sommet de l'Organisation de l'Unité africaine (OUA) qui s'est tenu à Abuja, trois pays africains, constatant l'échec de tous les efforts fournis en matière de développement , ont pris l'initiative de proposer une nouvelle approche dans le traitement des problèmes que vit le continent. Cette initiative a été une synthèse entre deux plans : celui de l'Algérie et de l'Afrique du Sud appelé "Millenium African Plan" (MAP) et celui du Sénégal  dénommé plan Omega. Ces deux plans sont fusionnés pour donner la "Nouvelle initiative africaine" (NIA). La NIA prendra plus tard le nom de "Nouveau partenariat pour le développement de l'Afrique" ou Nepad (de l'anglais "New Partnership for African Development"). Le Nepad avait été conçu pour faire face aux difficultés que connaît le continent africain actuellement. L'objectif au départ du Nepad était par exemple de traduire en actes concrets notamment le problème de l'eau et de l'énergie. L'enjeu du développement de l'agriculture qui devait reposer plus sur les cultures vivrières est un enjeu majeur du continent. Force est de constater que le bilan est très mitigé. Force est de constater que le bilan du NEPAD est mitigé. Pour analyser les blocages en Afrique, on ne peut isoler les facteurs économiques des facteurs politiques. Le rapport conjoint BAD-GFI a mis  en relief le fait que l'Afrique a pâti de sorties nettes de fonds dépassant les 1500 milliards de dollars   après ajustement des transferts nets enregistrés pour les flux financiers sortants frauduleux, et que la fuite des ressources hors de l'Afrique au cours des trente dernières années - l'équivalent du PIB actuel de l'Afrique - freine le décollage du continent. Ainsi, les dirigeants africains portent une lourde responsabilité devant leur population et doivent favoriser l'Etat de droit, la bonne gouvernance, donc, la lutte contre la corruption,  les mentalités tribales, la protection des droits de l'Homme et s'engager résolument dans la réforme globale, donc la démocratisation de leur société tenant compte de l'anthropologie culturelle évitant de plaquer des schémas déconnectés des réalités sociales locales. Le développement de l'Afrique sera profitable à l'ensemble des autres espaces économiques évitant cette migration clandestine avec des milliers de morts. Dans le cas contraire, il est à craindre des crises politiques à répétition. Bon nombre de citoyens africains traversent une crise morale du fait du manque de valeurs au niveau du leadership avec le danger d'une polarisation de la société. Le fossé entre les riches et les pauvres devient de plus en plus grand. L'écart de revenus renforce les inégalités en matière de richesse, d'éducation, de santé et de mobilité sociale. Je mets en garde contre les conséquences pernicieuses du chômage.  Cependant, évitons la sinistrose, malgré des conflits, nous enregistrons récemment une prise de conscience des citoyens africains et de certains dirigeants de l'urgence d'une nouvelle gouvernance. C'est ce qui explique que parallèlement au sommet des chefs d'Etat, se sont tenus entre 2009 et 2019 plusieurs forums économiques regroupant plusieurs centaines de personnalités africaines et des deux rives de la Méditerranée, afin de dynamiser le développement de l'Afrique dans le cadre de co-partenariats et des co-localisations. 
M. A.
 
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