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"L'Afrique a besoin de former une armada de traders", selon Mostafa Belkhayate
 
 
Mise à jour : 02-07-2020
 
Apprendre à mieux négocier le prix de ses matières premières serait la clé pour une mise en valeur des richesses naturelles de l'Afrique. Invité de Sputnik, Mostafa Belkhayate, spécialiste marocain du trading de l'or, du pétrole, du café et du cacao, préconise de former les jeunes africains dès la classe de seconde.
L'Afrique regorge de matières premières et de minerais de toutes sortes. L'ouest du continent, par exemple, en est l'un des principaux réservoirs de pétrole et de gaz, avec un tiers des réserves. Pourtant, malgré les richesses de son sous-sol et la diversité de ses cultures de rente, cette région -et l'ensemble du continent- demeure parmi les moins développées au monde.
Pour tenter de remédier à ce paradoxe, Mostafa Belkhayate, un professionnel marocain de l'investissement boursier et expert en négoce international des matières premières, préconise de former en masse les jeunes africains. Car ceux-ci "sont très doués en mathématiques et dans la programmation et n'aspirent qu'à apprendre", a-t-il affirmé à Sputnik France. Mostafa Belkhayate intervient sur les marchés à terme, où se négocient les cours des matières premières à l'échelle mondiale. Apprendre à trader présente, selon lui, un triple avantage:
"Les pays africains pourraient développer leur autonomie financière, créer des emplois en formant une cohorte de prévisionnistes africains, -un métier qui n'existe pas en Afrique -, et anticiper ainsi leur développement grâce à la création de centres de R&D sur le trading des matières premières", a-t-il expliqué au micro de Sputnik France.
Le continent regorge de matières premières et de cultures de rente, mais elles sont achetées à "vils prix" aux producteurs quand elles ne sont pas "bradées" par les marchés financiers. Faute aussi de savoir anticiper sur les fluctuations des cours ou de se "couvrir" dans le choix de la devise qui va permette de vendre à profit sa production minière ou de denrées agricoles, "l'Afrique n'a pas réussi jusqu'à présent à décoller", déplore-t-il.
Après avoir remporté en 1999 le premier championnat du monde de trading online organisé par l'Association des Traders de Genève, Mostafa Belkhayate est recruté par… Michael Jackson! Il le conseille alors sur ses investissements en yens japonais jusqu'à la mort de la star américaine, le 25 juin 2009. Le chanteur "voulait sincèrement aider l'Afrique, mais il n'était pas un homme d'affaires", confie-t-il au micro de Sputnik France.
Le trading de l'or, "la locomotive de toutes les matières premières", aime-t-il à répéter, devient sa passion. Désigné "meilleur analyste technique et graphique" lors du Salon AT à Paris en 2009, il conseille la banque Edmond de Rothschild du Luxembourg sur son fonds en or physique. En 2012, il est récompensé pour son système automatique de trading, qui obtient un rendement de 120% par an "sans aucune intervention humaine."
Puis en 2015, il décroche le Trophée de Leader de la Finance islamique pendant le World Islamic Forum (Malaisie) pour ses "ingénieries financières" destinées à l'Afrique. Celles-ci consistent en l'émission d'une obligation spécifique garantissant la propriété intégrale de l'or à ses détenteurs, qu'ils peuvent négocier sur le NASDAQ de Dubaï.
A l'occasion de ses différents travaux, il développe des algorithmes qui lui permettent de déterminer leur tendance haussière ou baissière. "Quand l'or se dirige résolument vers le haut, comme on le constate en appliquant le "centre de gravité" de ma formule sur la cacophonie des cours actuels, on peut alors espérer que les tendances sur les autres matières premières vont également se renverser", explique-t-il, tableaux à l'appui, au micro de Sputnik France.
Le trader estime en effet que le "centre de gravité" de l'or montre qu'il est haussier et que son cours pourrait atteindre 2.000 dollars l'once. Appliqué au cacao et au café, sa formule indique également une "tendance haussière", commente-t-il. 
Une bonne nouvelle pour les planteurs ivoiriens, premiers producteurs au monde pour le cacao, dont les cours ont baissé de 57% entre 2011 et 2020.
Quant au pétrole, qui a connu une chute historique, son cours devrait rebondir "bien que le "centre de gravité" nous dise d'attendre", prédit Mostafa Belkhayate, qui s'intéresse aussi à d'autres énergies:
"La Russie, qui est leader mondial pour l'exploitation de l'hydrogène naturel, pourrait se rapprocher du Mali où l'on vient de trouver un filon exploitable immédiatement. Une telle source d'énergie propre et bon marché serait une fabuleuse opportunité pour l'Afrique", lance-t-il par ailleurs.
Pour lui, le temps où les multinationales venaient en Afrique s'approprier les contrats miniers en échange d'investissements "est révolu du fait des possibilités d'exploration offertes par les satellites", fait-il valoir.
Là encore, aux gouvernements africains de prendre les mesures adéquates "pour nouer des partenariats sur la base de transferts de technologies" avec ceux qui, comme l'Allemagne ou la Russie, les détiennent. Devenu en 2016 P-DG de SpringBox, une société de recherche et développement de l'intelligence artificielle appliquée au trading des matières premières, basée à Marrakech, Mostafa Belkhayate se consacre aujourd'hui, à la formation de la jeunesse marocaine et africaine dans les universités et sur les réseaux sociaux.
"L'analyse technique et graphique et l'intelligence artificielle sont tout-à fait à la portée des enfants de 14/15 ans. Avec l'intelligence artificielle, il est possible d'initier des enfants dès l'âge de 12 ans", clame cet expert au micro de Sputnik France.
En plus de mettre en valeur les richesses du continent, cette activité pourrait drainer "plus d'argent dans les caisses des États africains", argue-t-il. Faute de rentrées fiscales suffisantes, leurs ressources budgétaires sont souvent réduites à la portion congrue.
Que pense Mostafa Belkhayate des lacunes en matière de culture financière, qui seraient plus prononcées en Afrique francophone qu'en Afrique anglophone?
"C'est une fausse piste, car toute l'Afrique manque de traders qualifiés. Mes étudiants, francophones comme anglophones, n'ont nulle part où se former", déplore-t-il.
Avec150 000 apprentis traders qui suivent aujourd'hui ses enseignements en ligne, il sait que la tâche restant à accomplir est immense. Compte tenu aussi de la fracture numérique, c'est l'ensemble du système éducatif, public comme privé, en Afrique qui devrait généraliser cet enseignement "dès la seconde", souhaite-t-il.
B. C.
 
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