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Secousse boursire : Un avertissement sans frais ?
 
 
Mise à jour : 13-02-2018
 
La secousse financière qui a affecté les marchés d'actions depuis vendredi 2 février a ravivé la peur d'un nouveau krach financier. Il est vrai que cette secousse a été particulièrement violente. En fait, on peut considérer qu'elle constitue un véritable avertissement.
Le CAC-40, qui caracolait au-delà de 5400 points est revenu sous les 5100 points ce vendredi 9 février, soit une baisse de 9%, un mouvement identique à celui de l'indice DOW JONES à la bourse de New-York. Même si ces effets tendent à s'amenuiser, et la chute des marchés financiers devrait se ralentir fortement - on peut penser que la baisse globale sera comprise autour de 10%, on aurait grand tort de négliger cet avertissement.
 
Les causes de la secousse boursière
Les causes de cette secousse sont relativement claires, du moins en ce qui concerne les causes immédiates. Il y a eu une combinaison de phénomènes techniques et l'inversion d'une tendance lourde. A la base, il y a la remontée des taux obligataires aux Etats-Unis. Les taux d'intérêts sur les emprunts à 10 ans ont atteint 2,5%. Cette remontée, qui indique probablement que la période de taux extrêmement bas que l'on connaît depuis ces dernières années est en train de se clore, a eu un effet direct sur les marchés d'actions. Des sommes ont été transférées de ces marchés vers le marché obligataire, entrainant évidemment des ventes d'actions. Cela induit une tendance baissière. Il faut ensuite tenir compte de facteurs techniques, qui ont accéléré, voire dramatisé, cette tendance baissière. Des opérateurs avaient acheté des actions à des niveaux très hauts en décembre et début janvier. Surpris par le retournement de tendance, ils ont vendu brutalement ce qu'ils avaient acheté. De plus, un certain de " produits dérivés " sont indexés sur les indicateurs de volatilité du marché. La brutale augmentation de cette dernière a entraîné un surcroit de ventes. Enfin, les algorithmes qui gèrent les plateformes automatiques ont réagi brutalement dès que la baisse a dépassé un certain niveau. Cette combinaison de facteurs explique en partie la brutalité de la baisse qui a commencé le vendredi 2 février et qui s'est amplifiée le lundi 5 et dans les jours qui ont suivi. Mais, derrière ces facteurs, il y a des raisons d'être pessimiste sur le long terme, même si aucune de ces raisons n'implique la baisse brutale de ces derniers jours.
 
La théorie du " ruissellement " en échec
On parle en effet beaucoup d'une embellie de la croissance, d'un retour à la normale après la longue période qui a succédé à la crise. Il est clair que les taux de croissance se sont améliorés. Mais, ils restent inférieurs à ce qu'ils étaient, en moyenne, dans la période 1998-2008. Surtout, l'accroissement des bénéfices des sociétés, et des dividendes des actions, ne correspond pas à un enrichissement identique des salariés, et de la majorité de la population. Or, au bout du compte, c'est l'enrichissement de l'ensemble de la population, et non de sa fraction la plus riche, qu'il s'agisse des 0,1%, des 1%, voire des 10% aux revenus les plus élevés, qui ouvre un marché en expansion capable d'absorber la production des firmes et de garantir leurs profits. Il y a un aphorisme bien plus vrai que le fameux théorème d'Helmut Schmitt: " les profits d'aujourd'hui sont les investissements de demain et les emplois d'après demain ". Ce théorème n'évoque pas la capacité des " riches " à thésauriser et à dilapider une bonne partie de leur richesse sur les marchés financiers. Notons, d'ailleurs, que ce " théorème " est aujourd'hui largement discrédité par tout une série d'études empiriques.  L'aphorisme véritable est plutôt: " la hausse des revenus du plus grand nombre est la garantie de l'écoulement du surcroit de production qui justifie les investissements d'aujourd'hui ". Or, la structure de l'économie financiarisée, qui domine le monde depuis près de 25 ans, empêche la redistribution des gains de productivité, gains qui sont toujours élevés dans l'industrie, aux salariés. Il en résulte une sourde inquiétude, que l'on perçoit dans les rapports des différentes institutions internationales. Cette hausse importante des bénéfices et des dividendes est excessive, et elle fait peser la menace d'une crise future résultant du désajustement brutal entre le rythme de croissance de la production et celle de la consommation.
 
La souveraineté, facteur de croissance?
Le problème fondamental auquel l'économie mondiale est aujourd'hui confrontée est un problème de répartition. Et, la répartition elle-même dépend des institutions dans chaque pays, mais aussi du contexte politique général. Ce n'est QUE dans le cadre d'Etats souverains, et pleinement souverains, qu'une majorité d'électeurs peut imposer des règles différentes de répartition, mais aussi - et sans cela ces différentes règles seront minées par la concurrence internationale dès le départ - imposer des règles de commerce internationale qui redonnent au corps législatif national la possibilité réelle d'agir sur les structures sociales et économiques du pays. Le retour à la souveraineté des Etats apparaît donc comme la condition nécessaire (mais pas nécessairement suffisante) à l'inversion de cette tendance malsaine qui a entraîné un désajustement toujours croissant entre les rythmes de croissance des revenus des " 1% " et ceux de la majorité de la population. L'enjeu est ici certes social mais pas seulement. Il en va du bon fonctionnement de l'économie. Or, si la hausse des dividendes et des bénéfices tire les marchés d'action vers le haut, la force de rappel que constitue la possible, et maintenant probable, crise de surproduction constitue une menace qui plane de plus en plus sur les marchés financiers.
 
Des produits financiers montrés du doigt
La chute brutale de la Bourse cette semaine à Wall Street a mis sous les projecteurs des indices basés sur la volatilité, produits financiers complexes accusés d'avoir exacerbé le mouvement de panique des investisseurs. L'alerte avait été donnée quelques jours seulement avant la déroute boursière de lundi par le directeur général de la banque Barclays. "Nous avons construit et structuré des produits partout dans le monde qui tentent d'améliorer les profits en pariant sur la (faible) volatilité. C'est une pratique habile (mais) lorsque le marché se retournera, attachez vos ceintures", avait déclaré Jes Staley au Forum économique de Davos. Le phénomène redouté s'est produit lundi: l'indice VIX, qui mesure la volatilité, a bondi de plus de 100% en quatre heures. L'affolement a gagné le marché et en moins de vingt minutes en fin de séance, l'indice vedette de Wall Street, le Dow Jones, a plongé dans une spirale infernale de 500, puis 1.000 puis 1.500 points. Le VIX, aussi appelé "indice de la peur", est un indicateur qui se base sur le risque de voir fluctuer l'indice financier S&P 500 regroupant les 500 plus grandes entreprises cotées à New York. Destiné à l'origine à évaluer la "température" des marchés, il est devenu un outil à part entière sur lequel parier.
 
Monsieur et madame Dupont 
Beaucoup ont choisi de miser sur la baisse de l'indice, un marché florissant et juteux puisque le VIX était resté quasiment atone depuis l'été 2015. Selon la banque américaine Goldman Sachs, ces paris ont connu "la meilleure performance de leur histoire en 2017" avec près de 200% de rendement pour le plus important. "Des fonds spéculatifs, des courtiers, monsieur et madame Dupont... Tous le monde détenait cet investissement car sa structure garantissait de le rendre gagnant à presque tous les coups", affirme Brett Manning, analyste chez Briefing. A condition que la volatilité reste au plus bas. Mais lorsque les marchés boursiers ont été pris d'inquiétudes par les risques d'inflation en fin de semaine dernière, ils ont piégé ceux qui avaient misé sur la persistance d'une volatilité basse. "Tout le monde détenait les mêmes paris. Les fonds spéculatifs ont alors commencé à en sortir et un mouvement de panique pour tenter de couvrir ces investissements a suivi", explique M. Manning. La hausse de la volatilité n'en a été que plus forte, poursuit-il, poussant deux gros acteurs du secteur, Crédit Suisse et Nomura, à annoncer la fermeture de leurs fonds liés à la volatilité et des pertes massives pour ceux qui y avaient investi. Vendredi, l'un des plus grands courtiers de détail Fidelity a annoncé qu'il interrompait les ordres d'achats sur l'indice "SVXY" commercialisé par la société ProShares, celui-ci n'ayant pas fermé malgré de lourdes pertes également. Il est difficile, selon les spécialistes, de savoir combien d'argent a été perdu mais ce marché était évalué à entre 3 et 4 milliards de dollars.
 
Grand casino 
En Suisse, le régulateur financier s'est saisi de l'affaire et affirmé qu'il était en contact avec Credit Suisse. La banque avait pourtant bien pris soin de préciser dans les documents de présentation du produit incriminé, baptisé "XIV", que sa valeur anticipée "sur le long terme est de zéro". "Ce qui était destiné à l'origine à n'être qu'une assurance est devenu un instrument d'achat et de vente dans une sorte de grand casino", regrette Christopher Low de FTN Financial. Aux Etats-Unis, le président de la banque centrale de New York William Dudley a affirmé que ces produits allaient être regardés de plus près, à la lumière des récentes turbulences.
BlackRock, le numéro un mondial de la gestion d'actifs, a quant à lui affirmé qu'il soutenait "fortement un système de classification qui clarifierait aux yeux des régulateurs et des investisseurs les risques liés à ces produits". "Avec un niveau de VIX plus élevé et des positions significativement rabaissées, une répétition imminente des événements du 5 février nous semble peu probable", a toutefois estimé Bank of America Merill Lynch dans une note. "Ils sont à présent moins dangereux. Qui va désormais croire qu'on peut acheter et détenir ces produits éternellement?", remarque M. Manning.
I.A.
 
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